EMK

Retour sur mon année de césure

30.08.2019 Florica Gay

Récit de Florica Gay (Promo 2016)

 

En septembre 2018, je soutenais ma Bachelorarbeit après plusieurs mois assez intenses, des déménagements plus ou moins organisés et aucune idée de ce que j’allais faire après. N’ayant eu ni le temps de chercher un master, ni de planifier l’après-licence, j’ai opté pour faire une pause. Je suis loin d’être la seule dans ce cas de figure et il y a autant de formats d’année sabbatique que d’étudiants EMK.


La première question à laquelle j’ai personnellement été confrontée est la suivante : comment faire une pause sans renoncer au statut étudiant ? Parce que oui théoriquement, on peut tout simplement prendre une année sabbatique sans être inscrit nulle part, mais dans les faits ça reste quand même très utile d’avoir le statut étudiant, rien que pour les conventions de stage ou même l’assurance maladie. Deux options s’offraient à moi : repousser l’écriture de mon mémoire ou candidater en master et faire la demande d’une année de césure.  Je n’avais pas la moindre envie de remettre ma Bachelorarbeit à plus tard et j’ai donc opté pour la demande classique d’année de césure. Un format qui présente des avantages, entre autres d’avoir une place en master réservée pour l’année suivante, mais aussi quelques inconvénients. Lyon 2 m’a par exemple refusé une convention de stage (chaque stage doit en effet être accompagné d’un certain nombre d’heures de cours, ce qui n’est pas le cas en année de césure « officielle »). J’étais donc contrainte de trouver un stage en Allemagne, dans une entreprise qui ne demandait pas de convention.

Je me suis alors retrouvée début octobre 2018 à Berlin, sans projet concret. Comme plusieurs EMK avant moi, j’ai traversé cette phase délicate de recherche de stage/travail/bénévolat sans réellement savoir où je voulais aller. L’annonce salutaire m’est venue d’une amie attentionnée et le temps de candidater, j’étais prise en stage de trois mois dans la rédaction de l’émission Xenius pour Arte au Labo M à Berlin. Toute Française que je suis, j’ai râlé contre les semaines de 40 heures et j’ai mis quelques jours à m’adapter au rythme radicalement différent de celui de l’université. Mais les missions à effectuer sont vite devenues très intéressantes, entre la recherche de thèmes pour les émissions futures, le travail sur les tournages ou encore la préparation du montage. C’était l’occasion pour moi de découvrir le milieu de l’audiovisuel au sein d’une entreprise dynamique. Alors oui, je me souviens d’appels téléphoniques laborieux, par exemple lorsqu’un expert en biomimétisme a tenté de m’expliquer en allemand le rôle des doigts de gecko dans la robotique et l’exploration spatiale, mais au final ces trois mois étaient très instructifs. J’ai été embauché un mois de plus en tant que Werkstudentin et j’en ai profité pour me créer un réseau dans le milieu audiovisuel berlinois. Un stage peut d’ailleurs donner suite à un contrat de travail, ce qui a été le cas pour plusieurs EMKler. Certains m’ont expliqué que le retour à l’université après avoir décroché un contrat de travail n’est pas forcément aisé. Lorsque l’on commence à trouver sa place dans un réseau professionnel, il peut être tentant d’y rester et de renoncer au master par exemple.

Pour ma part, j’avais d’ores et déjà décidé de continuer mes études. Avec Lyon 2, j’avais une place réservée en master mais j’ai décidé d’y renoncer pour poursuivre un cursus en Allemagne. Après le stage, j’ai donc préparé les candidatures et j’en ai aussi profité pour faire la demande d’une bourse au Deutscher Akademischer Austauschdienst (DAAD – nombreuses bourses pour étudiants allemands à l’étranger ou étudiants étrangers en Allemagne). Comme d’autres, j’ai pris le temps de voyager à droite et à gauche, mais aussi de monter une pièce de théâtre et de développer des projets pour les années à venir. L’année sabbatique a été l’occasion pour moi de réaliser plein de choses que j’avais en tête pendant la licence, sans avoir eu le temps de m’y atteler. Je ne suis pas la seule à pouvoir conseiller chaudement de faire une année de césure : de nombreux étudiants EMK confirment que c’est l’occasion de faire des stages longs, ce que l’on ne peut pas forcément se permettre en cours de licence ou de master, ou même de partir à l’autre bout du monde en voyage ou en service civique. Plusieurs Alumni estiment que les expériences qu’ils ont faites pendant leur année sabbatique leur ont été au moins aussi utiles que le cursus EMK sur le marché du travail. Alors oui, ça peut faire un peu peur de faire une pause (surtout quand on est habitué au système français), mais pour reprendre les mots d’une amie en fin de césure, « une année sabbatique n'est jamais un an de perdu, si tu te donnes les moyens d'en tirer un max de profit ! ».