EMK

Lyon ou : ma découverte de la vie associative

04.02.2019 Annika Wappelhorst

Récit d'Annika Wappelhorst (EMK, 5ème semestre)

 

En quittant Weimar après deux semestres, je croyais pertinemment savoir ce qui allait me manquer : regarder le merveilleux ciel étoilé en traversant la « Sternbrücke » dans le Ilmpark quand il fait nuit, croiser des gens de la promo par hasard (parce que c’est ça, la vie dans une petite ville), boire un Latte Macchiato au lait de soja pour 1€ au fameux M18 (la maison étudiante super « comfy »). Et, bien sûr, partir de chez moi à 9h10 pour un cours à 9h15 - à vélo, avec un petit retard, admettons-le.

En arrivant à Lyon, je me suis vite rendu compte que Weimar n’allait pas me manquer tant que ça. Malgré l’étendue de la ville, je croisais souvent des étudiants d’EMK en faisant une promenade urbaine (ce que nous avons baptisé « l’effet Weimar » - un étudiant d’EMK attire naturellement ses semblables). La pollution lumineuse rendait effectivement l’observation des étoiles difficile mais les jolis ponts illuminés pendant la nuit sur le Rhône et la Saône étaient honnêtement une bonne compensation. Le court trajet à la fac à Weimar était remplacé par un long trajet pénible en tram pour arriver au campus de Bron – une demi-heure, souvent entassée avec une masse d’autres étudiants dans le seul moyen de transport raisonnable entre Lyon et Bron. Même sur ce trajet, j’ai fini par y trouver mon plaisir : toujours un bouquin en main, je suis dans ma bulle même si j’arrive parfois à peine à me tenir debout dans la foule.

Une façon de m’épanouir pendant les trois semestres à Lyon a été de devenir membre active de plusieurs associations basées à Lyon. Les associations notables auxquelles j’ai participé sont de différentes natures. Pendant une demi-année, j’ai pris part à une distribution de repas aux personnes dans le besoin, donc surtout aux SDF, une fois par semaine. La plupart des membres étaient des salariés d’origine maghrébine et nous ont chaleureusement accueilli, moi et une amie d’EMK.
Depuis mon arrivée à Lyon, je suis également membre plutôt active de « Sentience Lyon », une association étudiante agréée par l’université Lumière Lyon 2. Cette association vise à promouvoir un style de vie végan (sans produits animaux) en faisant connaître la sensibilité des êtres vivants non-humains. Une de nos stratégies a bien sûr été la proposition de buffets végétaliens – qu’y a-t-il de plus facile pour faire venir des étudiants à un évènement que de la bouffe gratuite ? Devenue coprésidente (en tant que seule étrangère) au côté de trois autres membres, j’ai pu comprendre comment fonctionnait une association française sur le plan réel : de l’agrément à la préfecture de Lyon jusqu’à la demande de subventions à l’université (une petite séance devant un jury incluse). Nous avons organisé des ateliers de cuisine, des conférences et des projections de films ce qui ne s’est pas toujours déroulé sans heurts, entre autres parce qu’en France, on semble beaucoup apprécier la bureaucratie.

De temps à autre, je tiens les stands de l’AVF, l’Association Végétarienne de France. Étant ouverte à toutes les tranches d’âge, les évènements m’amènent souvent à discuter avec des personnes issues de milieux très divers. D’autres collectifs de militants pour la cause animale m’ont surtout permis d’échanger et d’avoir parfois des discussions enflammées avec des personnes ayant des avis contraires aux miens. Il en faut, du vocabulaire !

J’encourage donc vivement tout le monde, surtout les allemands arrivant à Lyon, de s’inscrire dans des associations qui soutiennent leurs centres d’intérêt. Pour moi, cela a été un excellent moyen de rencontrer des gens engagés, de trouver de bons amis, de peaufiner mon français et d’avoir une occupation enrichissante à laquelle dédier mon temps en dehors des (nombreux) cours universitaires.